mardi 22 mars 2016

Le 1er jour du reste de ma vie...

22 mars 2016...

Hier, un SMS et un coup de téléphone m'ont rappelé l'échéance tant attendue. 
Bien entendu pour rien au monde je n'aurai oublié ce rendez-vous  et le jour et l'heure était bien ancrés dans ma mémoire. Un rendez-vous qui pour moi marque le premier fondement d'une toute nouvelle vie. Une première étape pour quitter cet enfer que je vis depuis de trop nombreuses années..
En tout cas c'est ce que j'espère...

Après une nuit mouvementée, un sommeil teinté d'excitation mais aussi d'appréhension, c'est accompagnée de mon petit mari que nous nous sommes rendus à l'hôpital pour cette consultation.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre...

J'avais besoin de la présence de mon mari et à la fois au moment de rentrer dans le cabinet, prise de panique par le fait qu'il entende mon poids, je lui ai demandé de m'attendre. C'est un amour qui a tout à fait compris. Son soutien et sa présence à mes côtés étaient pour moi indispensable. Dans ce combat que je mène seule, il est mon seul confident, ma seule écoute. Je sais que dans les moments de doute, de découragement, il sera là, bienveillant et aimant. Sans jugement. Je sais qu'il sera là quand j'aurai envie de baisser les bras, qu'il sera là pour me pousser à continuer, à ne pas abandonner. 
Je sais qu'il est là et que je l'aime plus que tout. 
A la fin de consultation, il sera à mes cotés, j'avais quand même besoin qu'il entende le médecin et qu'il soit prêt à s'engager avec moi...

Tout commence donc dans un petit bureau. Je suis accueillie par une interne qui me demande l'autorisation d'assister à l'entretien. Le médecin, une endocrinologue, se présente, une dame qui respire la bienveillance et la gentillesse. Je m'attendais à me retrouver une nouvelle fois face à une professionnelle moralisatrice ou peu diplomate comme j'ai pu en consulter mille fois dans ma vie...Ce ne fût rien. 
Je donne le courrier de mon médecin qui retrace uniquement mes antécédents médicaux. Elle me demande pourquoi je suis là, quel est mon parcours.
Elle me pose mille questions sur mon histoire de poids, c'est tellement dur de les évoquer et de les avouer que les larmes se mettent à couler...J'ai honte...
Je ne rencontre alors aucun discours culpabilisant, on m'écoute pour une fois.
Oui je suis responsable de la situation, oui c'est de ma faute, mais maintenant je veux m'en sortir.
Je veux m'en sortir mais seule, je n'en ai pas les moyens. Je veux désormais qu'on m'aide, qu'on soit à mes côtés. 


On discute et elle me propose deux choses. La première est un suivi en ville, avec des médecins, nutritionnistes, psychologues etc avec qui l'équipe du GEROM73 (c'est le nom du service où désormais je serai prise en charge) a l'habitude de travailler.  Dans ma tête, je me dis que non ça je n'en veux pas, j'ai déjà essayé et ça ne fonctionne pas avec moi. Je veux être prise en charge de A à Z et qu'on ne me lâche pas. 
La seconde est un parcours médical à l'hôpital probablement dans un délai de 3 mois. Il consiste en un séjour de 5 jours à l'hôpital durant lequel je bénéficierai de toute une batterie d'examens médicaux (pneumologue avec test d'apnée du sommeil, analyses de sang, gaz du sang, etc. Je suis dispensée de cardiologue et de fibroscopie car j'en ai passé une très récemment) J'aurai également des ateliers sur différents thèmes, je pense que je vous en parlerai dans un prochain article. 
J'avoue que cette hospitalisation va être très difficile pour moi. En effet, je n'ai jamais été séparée de mes enfant si longtemps et j'appréhende. J'ai peur aussi de leur réaction, je ne veux pas qu'ils pensent que leur maman est malade et s'inquiètent à tort. Je veux leur expliquer que c'est pour aller mieux ensuite, enfin perdre des kilos. 

A l'issue de cette hospitalisation, il y a un suivi de 6 mois avec des ateliers, des groupes de paroles.
Au bout de 6 mois, je revois le médecin et nous faisons un bilan, elle, mon mari et moi-même.
La présence de l'amour de ma vie semble indispensable et quelque part, je suis contente de savoir qu'on l'implique aussi et qu'il sera à mes côtés dans ce parcours du combattant. 


Le médecin, me demande alors si elle peut me peser. Elle me voit hésiter, elle voit que cela m'est doloureux. Elle m'explique alors que si je ne le souhaite pas aujourd'hui, il n'y a aucun problème qu'on le fera la prochaine fois. J'accepte, je me dis que de toute façon il faut bien un point de départ...
Je ne regarde pas, elle ne me dit rien. Je n'ai connaissance d'aucun chiffres, mais je n'ai pas non plus demandé à les connaitre. Peut-être la prochaine fois...

Elle me sort alors deux pochettes "parcours patient". Une annotée d'un petit M en haut, l'autre d'un petit C. Elle me dit que pour moi ça sera la "M" comme médical, car je ne lui ai pas parlé de chirurgie ("C"). Je lui explique que pour le moment la chirurgie me fait peur, que ce n'est pour le moment pas mon envie mais que je changerai peut-être d'avis. 
Elle me montre les différents documents dedans, me demande d'y ajouter tout ce que je peux penser être nécessaire au cours du parcours. Je me dis intérieurement qu'elle va être bien lourde cette pochette...

Elle m'explique que ce parcours n'est pas là pour faire perdre du poids, mais en premier lieu, d'apprendre à s'aimer de nouveau, à reprendre confiance en soi, au quotidien, socialement, professionnellement. 10% des patients perdent entre 10 et 15 kilos. 2% seulement perdent autant qu'avec une chirurgie...

Je vais chercher mon mari pour la fin de la consultation. Elle lui explique le parcours qu'on a décidé et lui répète les chiffres. 
. Je lui prends la main. Il est là, à mes côtés. J'ai besoin de lui. Je l'aime. 
Le rendez-vous se termine. Je dois attendre que le secrétariat me rappelle pour fixer la date d'hospitalisation. Une nouvelle attente débute donc...

J'ai beaucoup d'espoir dans cette aide mise en place même si je ressors un peu  déroutée de cet entrevue. Je pensais qu'on allait m'aider à perdre du poids, je constate que ce premier parcours va m'aider à comprendre certaines choses mais ne réglera pas le problème de poids, du moins visiblement. Mon mari me dit que cela aidera peut-être à débloquer d'autres choses. Je le pense aussi. Nous verrons bien...
Dans l'ascenseur qui nous faisait quitter ce lieu étrange, intérieurement une petite voix me murmurait que j'aurai du parler de la chirurgie. Mais je n'y suis pas prête, pas encore...
Chaque chose en son temps.

Aujourd'hui était uniquement le premier jour du reste de ma vie.




*****  Merci pour vos commentaires, petits mots, ils m'aident à avancer et à tenir. MERCI ! *****


1 commentaire:

  1. J'ai tout lu... Et tu m'as émue.
    Il y a tant de souffrance en toi, tant de délicatesse, de sensibilité et tant de volonté en même temps.
    Je n'écris jamais ou presque de commentaires sur des blogs, mais là, si le fait de faire un signe peut t'aider ne serait-ce qu'un tout petit peu, te réchauffer un peu le coeur...
    Non, tu n'es pas lâche.
    Non, tu n'as pas à être honteuse.
    Au contraire, je te trouve très courageuse de te confronter encore à ce qui te mine.
    La force que tu as eue d'accompagner ton enfant à la piscine avec sa classe montre ton immense courage et ta grande générosité envers les autres.
    Je pense que l'accompagnement que tu vas trouver sur ce chemin va t'aider à enfin savoir ce que tu veux, toi (et pas les autres et leur regard), et à l'obtenir.
    J'espère ne pas avoir été maladroite.
    Plein de courage, d'encouragement... et aussi d'admiration de ma part.
    Je te souhaite d'être heureuse.

    Babar (EDP)

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